Fred Halsted (1941-1989) pousse le cinéma pornographique gay vers ses extrémités transgressives, politiques et expérimentales, envoyant valser toutes les règles de bienséance et de norme artistique. Rien n'y prédisposait ce fils d’une ouvrière agricole et d’un ouvrier en bâtiment au cinéma. Il grandit en Californie avant de s’installer très rapidement à Los Angeles. Étudiant la botanique, il devient le jardinier de Vincent Price ou de Joey Heatherton... avant de prospérer dans une affaire de pépinières. C’est en 1972, en plein essor du cinéma gay, que Fred Halsted ouvre le bal avec son incroyable L.A. Plays Itself, autoportrait en coming-out pornographique qui montre son obsession pour la destruction, confondant représentation extrême de la sexualité et tableau critique du Los Angeles "qui pue", où le développement de l’urbanisme annonce l’anéantissement de la nature. Rejeté par les critiques, il n’en attire pas moins les louanges d’Arrabal ou de Burroughs qui rêvera de tourner avec lui une version hardcore des Garçons Sauvages. Cette première déflagration marque également le début d’une longue collaboration avec Joseph Yale, l’homme de sa vie. Ils dirigeront le magazine Package, ouvriront ensemble le Halsted’s, un Sex Club, à Silverlake. Mais au début des années 80, le succès n’est plus au rendez-vous, et Halsted sombre dans les dépendances. Il ne se remettra jamais de la mort de son compagnon fauché par le SIDA en 1986. Après avoir joué brièvement à l’escort boy, il se suicide en 1989.

Réalisés en 1972, ses deux chefs-d’œuvre The Sex Garage et L.A. Plays Itself sont les seuls pornos gay à avoir rejoint la collection permanente du Museum of Modern Art. Ses œuvres continuent à avoir les honneurs de nombreux lieux d’art contemporain et de manifestations plus grand public.

Fred Halsted, chantre de la transgression, confondant l’art et la vie, brille par son radicalisme formel et sexuel, se revendiquant lui-même comme pervers avant d’être gay, et affirmant que « le sadisme est plus fondamental pour [sa] personnalité que l’homosexualité » En cette liberté créatrice où le cinéma se fait révolution, on saisit bien d’où vient l’admiration que lui portent Gaspar Noé et Bruce LaBruce. Narration éclatée ; carambolages d’images et de chairs ; transfigurés par une bande son hypnotique, un montage digressif et disruptif, les corps s’étreignent et se malmènent, tandis que les images d’une Amérique post Kennedy viennent parasiter l’intime, comme une autre pornographie, topographique et politique. La poésie baise l’obscénité. Toute la mécanique se dérègle dans une orgie visuelle et auditive de sexes dressés vers la mort et de paysages désolés.  Et si Fred Hasted était l’inventeur de la pornographie métaphysique ?

Erotikus : a history of the gay movie

Erotikus : a history of the gay movie

Tom DeSimone
États-Unis
Documentaire, Classé X

14-09-2021 21H15
18-09-2021 21H45
L.A. plays itself

L.A. plays itself (Copie neuve)

(L.A. plays itself)
Fred Halsted
États-Unis
Classé X

16-09-2021 21H30
19-09-2021 21H45
Sextool

Sextool (Copie neuve)

(Sextool)
Fred Halsted
États-Unis
Classé X

16-09-2021 21H30
19-09-2021 21H45
The sex garage

The sex garage (Copie neuve)

(The sex garage)
Fred Halsted
États-Unis
Classé X

14-09-2021 21H15
18-09-2021 21H45
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