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Une soirée avec Franco Nero

Une soirée avec Franco Nero

Né le 23 septembre 1941, à San Prospero, Franco Nero étudie à la Faculté d’économie et de commerce, avant d’abandonner pour intégrer le Piccolo Teatro de Giorgio Stehler à Milan. Rapidement, il devient la figure emblématique du western-spaghetti avec Django de Sergio Corbucci (1966). Héros imperturbable au regard bleu perçant, Django n’arbore pas l’ironie et le sarcasme de l’homme sans ombre (Clint Eastwood) dans la trilogie de Sergio Leone. Il n’en possède pas moins une classe infinie. Le charisme naturel de l’acteur lui permet de rebondir dans des westerns dirigés par Lucio Fulci (Le temps du massacre) en 1966, Duccio Tessari (Et Viva la Revolution) en 1971, et Paolo Cavara (Los Amigos) en 1972. En 1975, il atteint le sommet de son art dans Keoma, chant du cygne nostalgique signé Enzo G. Castellari (1976). Mais Franco Nero démontre aussi qu’il peut jouer la carte de l’auteur. Cela s’étend du trop méconnu Un coin tranquille à la campagne (Un tranquillo posto di campagna), thriller hypnotique d’Elio Petri en 1969 à Querelle, songe érotique de R. W. Fassbinder en 1982. Plus tard, on le retrouve face à Bruce Willis dans 58 minutes pour vivre (Die Hard 2), réalisé par Renny Harlin en 1990. Le parcours cinématographique de Franco Nero, quelque part entre Bruce Willis et R. W. Fassbinder, ressemble un peu à celui d’Udo Kier, à mi-chemin entre Lars Von Trier et Pamela Anderson. C’est grâce à ce genre de personnalités inapprivoisables et fascinantes que le cinéma réserve tant de fulgurances.

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