
Kenneth Anger est une figure majeure du cinéma expérimental, nourri au mythique, au mystique et au “magick”. Une pierre angulaire du cinéma underground américain qui, adolescent, fut très impressionné par Aleister Crowley, mage fasciné par les mythologies paganistes et les divinités égyptiennes. Sous son influence, il entreprend de construire chacune de ses oeuvres comme une exploration ésotérique d’où, parmi les niveaux de lecture multiples, émane nécessairement une signification se rattachant à la magie. Kenneth Anger frappe très fort avec FIREWORKS (1947), fantasme SM qui foudroie Cocteau. Coup de foudre réciproque : Anger s’installe à Paris et fréquente Henri Langlois, patron de la CINÉMATHÈQUE. Pendant cette période, Anger réalise PUCE MOMENT (1949), dédié à sa grand-mère, jadis costumière sur les plateaux du muet - il lui emprunte pour l’occasion ses robes et ses accessoires de maquillage. De cette expérience naît HOLLYWOOD BABYLON, bible ironique sur les coulisses de l’usine à rêves, publiée en France en 1959, où sont évoquées les stars oubliées et scandaleuses du muet.
Son chef-d’oeuvre reste sans doute SCORPIO RISING (1964), cette messe à l’envers et vision transce1ndée du mythe du biker américain, météore d’une désarmante beauté aux couleurs foudroyantes, qui -comme son titre l’indique- se réfère explicitement à l’avènement de l’Ère du Scorpion. Kenneth Anger est aussi l’homme de toutes les légendes. Celui qui a dirigé Bobby Beausoleil – futur membre de la “famille” de Charles Manson – dans LUCIFER RISING ou Anton Szandor Lavey, fondateur de la Church of Satan, dans INVOCATION OF MY DEMON BROTHER. Celui qui a connu des démêlés avec la censure et ira même jusqu’à publier un faux avis de décès dans un magazine à la fin des années 60. Celui qui a inspiré les Rolling Stones pour SYMPATHY FOR THE DEVIL... Paul Schrader a souvent dit que le cinéma de Kenneth Anger était tellement pillé par les artistes actuels que même ceux qui ne le connaissaient pas l’avaient déjà vu. Message aux profanes donc: vous avez déjà vu du Kenneth Anger mais vous ne le saviez pas.
http://www.kennethanger.org
Né en 1972 à Billericay (Essex), Ben Wheatley commence en réalisant quelques épisodes de séries télé (IDEAL, MODERN TOSS, WRONG DOOR) et signe parallèlement des courts métrages, des bandes dessinées et des publicités qu’il prend plaisir à partager sur son site MR AND MRS WHEATLEY. Un succès puisque ses vidéos sont visionnées par vingt millions d’internautes dans le monde.
Au cinéma, Ben Wheatley s’affirme dès son premier long métrage, DOWN TERRACE (2009), comédie noire so british. La vraie révélation, ce sera KILL LIST, l’une des plus grandes découvertes de la précédente édition de L’Étrange Festival, qu’il a coécrit avec sa femme, Amy Jump. Un polar paranoïaque et trompeur qui commence comme du Alan Clarke et finit comme THE WICKER MAN, progressant imperceptiblement du réalisme au fantastique, validant avec effroi une invraisemblable vérité. À peine remis de KILL LIST, Wheatley a enchaîné avec TOURISTES!, une virée sanglante en pleine campagne anglaise qui confirme son appétence pour un cinéma impoli, trouvant de la beauté dans la gratuité et la laideur. En seulement trois films (et trois ans), Ben Wheatley s’est imposé comme l’un des plus intéressants cinéastes contemporains à oeuvrer dans le genre. Aujourd’hui, qui dit mieux?
Dès la fin des années 80, Jan Kounen bouleverse les us et coutumes du cinéma français en signant des documentaires, des clips et surtout des courts métrages d’une inventivité visuelle folle. Parmi les plus connus, citons GISÈLE KÉROZÈNE, VIBROBOY ou LE DERNIER CHAPERON ROUGE. En 1996, il s’essaye au long avec DOBERMANN, délire psychotronique abrasif, soutenu par le couple Bellucci-Cassel des années avant IRRÉVERSIBLE de Gaspar Noë, qui témoigne une envie d’en finir avec le cinéma de poche pour explorer des terres nouvelles. Besoin d’exil : Jan Kounen part au Mexique et au Pérou, s’immerge dans la culture chamane et s’en imprègne pour BLUEBERRY: L’EXPÉRIENCE SECRÈTE, dont il donne le rôle-titre à son complice Vincent Cassel. Un western spirituel qui divise... Sur les traces d’un Alain Cavalier, cet ennemi des doxas du cinéma français (notamment la croyance aveugle dans les vertus du réalisme et du sacro-saint “naturel”) réalise des projets de plus en plus intimistes, moins commerciaux, misant sur la capacité du spectateur à se laisser envoûter. Parmi eux, DARSHAN, documentaire éblouissant sur une sainte hindoue, dont la beauté évoque Ron Fricke (BARAKA).
Preuve qu’il déteste les chemins tout tracés, il revient en 2007 aux commandes de 99 FRANCS, adaptation du best-seller de Frédéric Beigbeder, à mille lieues du produit qui compile l’ensemble des tics du règne de l’image (mannequins top, idées chics, situations toc), un film qui ne ressemble qu’à son auteur, renvoyant à son passé de réalisateur de clips publicitaires et écornant l’image de Jean Dujardin. Après avoir participé au projet '8' où il milite pour améliorer la santé maternelle dans le monde, il réalise COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY sur la liaison passionnée entre la couturière et le compositeur russe, sublimant Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen et vient de terminer pour la télévision l’adaptation du VOL DES CIGOGNES (d’après Jean-Christophe Grangé). À une heure de standardisation extrême, il importe de protéger des cinéastes aussi imprévisibles que Kounen.
Le cinéma du Zurichois Mathieu Seiler provoque deux sentiments contradictoires. On est pour et contre en même temps. Ce qui, au fond, est excitant. Son premier long métrage, STEFANIES GESCHENK (découvert à L’Étrange Festival en 1995) a un goût de MALADOLESCENZA (Pier Giuseppe Murgia, 1977). On entre dans la tête d’une adolescente tourmentée se créant un refuge et des compagnons, qui, pour être imaginaires, n’en ont pas moins un impact direct sur sa réalité. Très vite, on comprend que l’héroïne est paumée dans le cauchemar d’ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES et doit apprendre à ne pas se fier aux apparences. La construction sinueuse et surréaliste témoigne d’une vraie ambition et d’une volonté de miser sur l’intelligence du spectateur. Par les temps qui courent, ces qualités s’avèrent précieuses. Dans ORGIENHAUS (2000) Seiler s’attaque de nouveau au conte de fées, ici LE PETIT CHAPERON ROUGE, pour brouiller la frontière ténue entre réel et imaginaire. Spécialisé dans les univers oniriques, il lui faudra attendre douze ans pour réaliser sa troisième fiction, l’énigmatique DER AUSFLUG, nouvelle variation de conte à dormir debout opposant le monde des adultes à celui d’un enfant désarmé.
Tour à tour animatrice (diplômée de L’école de La Cambre), DJ, cinéaste, musicienne (elle fut membre du groupe AQUA NEBULA OSCILLATOR jusqu’en 2010 et a collaboré, entre autres, avec les Américains de WHITE HILLS, OGOD ou FARFLUNG, ainsi que les Afghans du MATER SUSPIRIA VISION), la Belge Shazzula Nebula termine en 2011 son premier long métrage, BLACK MASS RISING. Un hommage déclaré à la flamme du cinéaste Kenneth Anger (Bobby Beausoleil participe lui-même à la bande son), accompagné par la crème des musiciens de l’underground des ténèbres. Pour cette Première Française, elle est accompagnée d’Ernesto, membre des non moins célèbres SYLVESTER ANFANG II, pour un nouveau duo répondant au nom de SAYONA.
7 WEEKS s’est formé en avril 2006 à Limoges. Le EP B(L)ACK DAYS (2007) puis ALL CHANNELS OFF, leur premier album (2009), fruit de 3 années à créer un mur du son empruntant tant au stoner qu’à la scène post-grunge ou au rock heavy, ont popularisé le nom du groupe et l’ont poussé sur les routes : 150 concerts en France et Europe, les supports de SUICIDAL TENDENCIES & INFECTIOUS GROOVES sur la tournée française de début 2010. Le groupe a également joué avec PLACEBO, ARCTIC MONKEYS, THE DATSUNS, THE VIBRATORS, MASS HYSTERIA ou LOFOFORA...
7 WEEKS prépare un nouvel album pour 2012, sortant en parallèle un concept album adapté du film Dead Of Night de Bob Clark.
http://7weeks.fr
Artiste, réalisateur, écrivain et musicien, BRIAN BUTLER vit à Los Angeles. Passionné par les forces mystiques, le surnaturel et la magie rituelle, son travail est totalement immergé dans l’occultisme. Il travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec KENNETH ANGER sur de nombreux films et expositions à travers le monde. Son travail personnel et ses films ont été montrés en Chine, à la Biennale d’Athènes, à la Tate Modern de Londres ou au festival de Cannes. En tant que musicien, il a collaboré avec Von LMO, ROZZ WILLIAMS (CHRISTIAN DEATH) ou les californiens de MOVING UNITS.
http://brianbutler.com
Président d'une société de distribution internationale de films, David Cholewa a réalisé un premier court métrage il y a une dizaine d'années. Influencé par le cinéma de genre des années 80 et la bande dessinée, il se lance dans le projet DEAD SHADOWS et présente un premier teaser à Cannes en 2011, qui enthousiasme les amateurs du genre. David Cholewa vient présenter DEAD SHADOWS au public avec l'équipe du film pour la première mondiale.
Après avoir couvert L’Étrange Festival en tant que journaliste pour ECRANLARGE.COM, GEEK LE MAGAZINE ou son émission GEEK ME FIVE sur RADIO CAMPUS PARIS 93.9 FM, c’est en tant que scénariste que Vincent Julé vient présenter son premier long-métrage DEAD SHADOWS, réalisé par David Cholewa.
Acteur canadien surnommé "The arrow" (la Flèche), ardent fan de films d'horreurs et de l'équipe de hockey Montreal Canadiens (The Habs), John Fallon s'est toujours destiné à une carrière artistique, faisant ses classes au Montmorency College et au John Abbott College. Homme aux multiples talents (il est tout à la fois scénariste, journaliste, acteur,...) et régulier du petit écran et des pièces de théâtre, on l'a aussi aperçu dans DEATH RACE, SAW 2 et ALONE IN THE DARK. Il sera là pour présenter le film DEAD SHADOWS, de David Cholewa.
Qui est un habitué de L'ÉTRANGE FESTIVAL reconnaitra certainement Rurik, journaliste chez Mad Movies, présentateur des émissions PANORAMAD, CINÉMAD et chroniqueur pour +OU-GEEK. Chanteur, compositeur et guitariste du groupe FUGU DAL BRONX, c'est en qualité d'acteur qu'il vient pour présenter le premier long métrage de David Cholewa, DEAD SHADOWS.
Débutant comme second et premier assistant réalisateur pour des productions telles que REDONDELA, PARA ELISA ou PÁJARO EN UNA TORMENTA, Juan Martínez Moreno se lance en 1995 dans la réalisation de son premier court métrage, DECIRTE QUE TE QUIERO, bientôt suivi de BIG WENDY, qui fait sensation dans les festivals. Retournant travailler pour la télévision, il écrit et réalise son premier long en 2001, DOS TIPOS DUROS, qui remporte le Prix du Public au Festival du cinéma de Málaga. Il vient présenter son troisième long métrage, GAMES OF WEREWOLVES (LOBOS DE ARGA), une comédie horrifique faisant la part belle à un casting où l'on reconnaît Carlos Areces, inoubliable Javier de BALADE TRISTE d'Alex de la Iglesia.
Après avoir participé à divers tournages (il a été coiffeur, monteur, assistant-producteur stagiaire, scénariste...), Juan Carlos Medina se lance en 2003 dans la réalisation avec son premier court métrage, MAUVAIS JOUR. Neuf ans plus tard, il revient derrière la caméra pour INSENSIBLES, un thriller qu'il viendra nous présenter en première internationale.
Après des études de journalisme, de réalisation et de dramaturgie, Alexander Vartanov a débuté en tant que directeur de théâtre avant de travailler en tant que traducteur, acteur, producteur et scénariste. Co-réalisateur sur la série KVARTIRKA, il passe aujourd'hui à la réalisation de son premier long métrage, BULLET COLLECTOR (SOBIRATEL PUL) qu'il a voulu comme un hommage au film LES 400 COUPS de François Truffaut.
À la fin des années 90, Shane Aquino quitte l'école de cinéma et utilise son argent pour financer un film. Par la suite, il a continué à produire et réaliser des clips vidéos pour divers groupes de la scène holliwoodienne. ROAD DOGS, son nouveau long métrage, est le résultat d'une plongée de plusieurs années dans cet univers pareil à nul autre.
Gerardo Crist et Vicky Viciouss sont membres du groupe Heavenly Trip To Hell, qui apparait dans le film ROAD DOGS. Gerardo en est le chanteur tandis que Vicky est la pianiste et manager du groupe. Ils viennent tout spécialement pour la première internationale du documentaire ROAD DOGS, de Shane Aquino, dans lequel le groupe apparait.
Fils de l'actrice Hayley Mills, Crispian Mills s'est très tôt illustré en tant que leader du célèbre groupe KULA SHAKER. Après la rupture du groupe, il s'épanouit dans diverses expériences avec d'autres formations musicales, avant de tourner A FANTASTIC FEAR OF EVERYTHING, son premier long métrage qu'il vient présenter au public.
Après avoir fait des études de mathématiques, Pierre-William Glenn devient directeur de la photographie pour des réalisateur aussi variés que François Truffaut, Samuel Fuller ou Bertrand Tavernier. Il est d'ailleurs renommé pour son travail sur les séquences à la steadicam et a été le premier à se servir de pellicules Fuji. Après quelques courts métrages, Pierre-William Glenn s'intéresse au monde de la moto dans son long métrage remarqué par la critique, LE CHEVAL DE FER. Il réalisera par la suite plusieurs autres longs métrages, dont LES ENRAGÉS avec Fanny Ardant et François Cluzet, et TERMINUS, avec Johnny Halliday, Karen Allen et Jürgen Prochnow.
Toqués d’univers enfantins, Vincent Patar et Stéphane Aubier, les deux belges les plus créatifs de l’animation actuelle, se sont rencontrés à l'Institut des Beaux-arts de Saint-Luc à Liège. En 1986, ils entrent ensemble à l'École Supérieure des Arts Visuels de la Cambre et cosignent deux ans plus tard un premier court métrage: le PIC PIC ANDRÉ SHOOW dans lequel on découvre des personnages hauts en couleur : Pic Pic (pour Stéphane), Côboy et André (pour Vincent). Trois épisodes suivent ce premier essai (THE FIRST, LE DEUXIÈME et QUATRE MOINS UN), mélangeant animation 2D, papier découpé et doublages drolatiques.
En 2001, après quelques réalisations de clip pour DIONYSOS et GISLI, Patar et Aubier procèdent de la même façon que sur PIC PIC en reprenant leur court, PANIQUE AU VILLAGE, créé avec des figurines en plasticine chinées dans les brocantes et une animation en stop-motion, pour le développer en une série de 20 épisodes où l’on peut suivre les péripéties d’un cowboy, d’un indien et d’un cheval en colocation dans un village animé. Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners, Didier Odieu et Frédéric Jannin ont prêté leurs voix. En 2009, PANIQUE AU VILLAGE devient enfin un long métrage de cinéma. Ils reviennent en 2012 avec ERNEST ET CÉLESTINE, un film d'animation réalisé avec Benjamin Reiner.
Ayant fait ses classes à l'école du film d'animation de La Poudrière, Benjamin Reiner en ressort en ayant réalisé trois courts métrages dénotant déjà d'un univers qui ravit les festivals et la chaîne Canal J. Quatre ans plus tard, en compagnie de Vincent Patar et Stéphane Aubier (PIC PIC ANDRÉ SHOOW, PANIQUE AU VILLAGE,...), Benjamin Reiner se lance dans la réalisation de son premier long métrage, ERNEST ET CÉLESTINE, adaptation pleine de poésie d'une série de livres pour enfants.