Carte blanche Jan Kounen

Thèmes

Focus Mathieu Seiler

Le cinéma du Zurichois Mathieu Seiler provoque deux sentiments contradictoires. On est pour et contre en même temps. Ce qui, au fond, est excitant. Son premier long métrage, Stefanies Geschenk (découvert à L’Étrange Festival en 1995) a un goût de Maladolescenza (Pier Giuseppe Murgia, 1977). On entre dans la tête d’une adolescente tourmentée se créant un refuge et des compagnons, qui, pour être imaginaires, n’en ont pas moins un impact direct sur sa réalité. Très vite, on comprend que l’héroïne est paumée dans le cauchemar d’Alice aux pays des merveilles et doit apprendre à ne pas se fier aux apparences. La construction sinueuse et surréaliste témoigne d’une vraie ambition et d’une volonté de miser sur l’intelligence du spectateur. Par les temps qui courent, ces qualités s’avèrent précieuses. Dans Orgienhaus (2000) Seiler s’attaque de nouveau au conte de fées, ici Le petit chaperon rouge, pour brouiller la frontière ténue entre réel et imaginaire. Spécialisé dans les univers oniriques, il lui faudra attendre douze ans pour réaliser sa troisième fiction, l’énigmatique Der Ausflug, nouvelle variation de conte à dormir debout opposant le monde des adultes à celui d’un enfant désarmé.


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