Sur «COFFY,
LA PANTHÈRE NOIRE DE HARLEM»
» Larry Gordon, qui était en charge de la production
chez American International Pictures à l'époque,
me confia la commande suivante : «Ecrit une histoire
de vengeance dans laquelle une femme noire massacre dans la première
scène deux mecs». C'était tout !
J'ai tout de suite su que Pam Grier était la seule comédienne
capable d'affronter un rôle pareil. J'ai donc imposé
sa présence au générique. C'est elle d'ailleurs
qui m'a donné plein d'idées formidables sur les
armes que pouvaient utiliser les femmes (essentiellement les femmes
noires) à cette époque. Des armes qui n'ont rien
à voir, et le film le montre clairement, avec les "armes
du sexe faible" dont j'ai une fois entendu parler le politicien
Couve De Murville, dans un de ces moments de philosophie inspirée
typiquement français.
Coffy a été un des plus gros succès
de la vague blaxploitation. Un succès qui surprit
même le distributeur, étonné de voir que le
film attirait autant une audience "blanche" que l'audience
"noire" a priori gagnée d'avance. Si le film
a ouvert la porte du cinéma grand public aux personnages
"noirs", il a aussi précipité la fin d'un
genre magnifique plein de vigueur et de charmante insolence.