Dans le silence étouffant d'une morgue, un employé s'adonne à son plaisir favori sur un cadavre. Un film impressionnant et visuellement très étudié. Les effets spéciaux d'un crû réalisme renforcent indéniablement le malaise.
Des visages inconnus perdus dans une grande ville. Âmes
en peine dans un Vienne morne et sans bonheur. Leur petit rayon
de soleil ? Un toutou, un cochon dinde, un lapin blanc... Des
compagnons de longue date, des témoins privilégiés
d'un quotidien écrasant, des amis et voire plus si affinités
! Parmi ces laissés pour compte, un ex-taulard qui veut
refaire sa vie avec une femme et qui doit supporter ses bestioles,
une actrice sur le retour qui tombe amoureuse d'un husky, une
dépressive qui noie son malheur dans son amour pour son
chien Charly...
C'est en discutant avec des propriétaires d'animaux domestiques
croisés dans des parcs que Ulrich Seidl a pu puiser tout
la substance qui constitue l'univers à la fois baroque
et kitsch, repoussant et profondément humain de Amour bestial.
«J'ai abordé Amour bestial de manière
beaucoup plus radicale que mes précédents films»,
précise Seidl. «Mais je ne tenais pas à
choquer pour le plaisir. Je veux surtout que le film imprègne
le spectateur rendu apathique par la dictature de l'entertainment.»
Quand aux acteurs, le réalisateur assure qu'ils n'ont pas
été maltraités : «Les acteurs n'ont
aucun problème avec mes sujets. Les critiques si. Mais
ces gardiens de la morale autoproclamés n'ont aucune notion
du milieu social dont je parle.»
Un hôpital de campagne en plein coeur de la guerre sino-japonaise. Une jeune infirmière assouvit son fantasme de domination en couchant avec des soldats mutilés, les menant ainsi de vie à trépas. Le Docteur Okabe assiste, impuissant, aux agissements de cet ange exterminateur.
Une nuit, la petite Mimi assiste, impuissante, à la tentative de suicide de sa mère. Le lendemain, tandis que la femme se remet lentement dans un hôpital, la tante Solange emmène Mimi dans son HLM de la banlieue parisienne. Le premier soir, le sommeil de Mimi est troublé par l'arrivée de Jean-Pierre, le fiancé de Solange.
Tourné en 16 mm scope, un huis-clos troublant dans lequel toutes les situations qui pourraient créer le malaise sont traitées avec une rare délicatesse. A noter que la photographie du film est l'oeuvre de Gaspar Noé, lui-même réalisateur de Carne et Pulpe amer.
Stéphanie, 12 ans, a des problèmes à l'école et avec ses parents. Perturbée par une sexualité et des fantasmes violents (elle se voit dans la peau d'un bébé ou dans celle d'une lolita brutalement violée), elle perd peu à peu pied avec le réel.
Mathieu Seiler n'avait que 19 ans lorsqu'il a écrit le film, et 20 lorsqu'il l'a tourné. Il se sent lui-même très proche des problèmes auxquels sont confrontés certains adolescents.
Une femme aux cheveux rouges marche le long de l'autoroute. Un camion-poubelle passe. Un de ses occupants invite la femme chez lui. Elle a ses règles. Ils font l'amour. Plus tard, elle lui avoue qu'elle a quitté son mari et ses enfants, mais refuse de lui dire son nom.
Considéré comme l'un des meilleurs films de Tatsumi Kumashiro, La Femme aux cheveux rouges est ainsi commentée par son auteur : «En Occident, une femme aux cheveux rouges est considérée comme l'emblème de la volupté. J'ai plutôt voulu représenter à travers elle la passivité de la femme japonaise.»
Les derniers jours de l'occupation nazie à Copenhague, vue du côté des vaincus.
Le portrait d'un hitlérien hanté par des images d'enfance, sur le mode halluciné qui fera plus tard tout le prix d'Element of Crime ou Epidemic. Le film a reçu un prix au concours des écoles de cinéma de Munich en 1982.
Dans la région parisienne, au XIXe siècle, une veuve vit avec son fils, Peter. Celui-ci s'éprend de sa jeune voisine anglaise, Mimsey. Contraint de revenir en Angleterre après le décès de sa mère, Peter perd de vue Mimsey qui devient quelques temps plus tard Mary, duchesse de Towers. Appelé comme architecte au château des Towers, Peter retrouve Mary qui, tout comme lui, ne l'a pas oublié. Surpris lors d'un de leurs «ébats» par le duc, Peter est forcé de se battre contre ce dernier. La mort du duc de Towers entraîne l'emprisonnement à perpétuité de Peter,. Mais sa passion n'ayant aucune limite, Peter s'aperçoit qu'il peut rejoindre Mary en rêve.
De ce film, André Breton écrira, dans L'Amour fou qu'il est «prodigieux» et qu'«il marque le triomphe de la pensée surréaliste.»
Chaque année, un petit groupe d'amis se retrouvent pour dîner. Cette fois, le dîner a lieu chez Daniel Pavenic, personnalité entourée de mystère et d'exotisme. Plus la soirée avance, plus la passion qui lie Pavenic à sa servante devient évidente.
«C'est un film sur les jeux auxquels les gens jouent lorsqu'ils veulent cacher certaines vérités. Dire la vérité est un luxe qu'on réserve au confessionnal ou lorsqu'on se retrouve sur son lit de mort» déclare Nicholas Roeg à propos de son film.