1997

 

LAP ROUGE

de Lodewijk Crijns - 1996 - Pays-Bas - Document


Depuis qu'ils ont quitté la Hollande pour un petit village du sud de la France, il y a 35 ans de cela, Herman et Egbert mènent avec leur mère une existence retirée et paisible. Hélas, leur petite vie bien ordonnée va être troublée par une jeune voisine qui devient l'objet de leur convoitise mutuelle. Le dérapage est inévitable.

Avec Egbert Joosten, Herman Joosten, Skoukje Alkema Prod : Martha Oorttman Gerlings Scn : Lodewijk Crijns Photo: Monna Westerndorp Mont : Wouter Jansen Mus : Fons Merkies Durée : 43mn. Couleurs


REPOS ÉTERNEL

de Thomas Stenderup - 1996 - Danemark - Document

Parce que la crémation n'est pas une pratique répandue en Amérique Latine, les cimetières se remplissent vite. Aussi doit-on, très fréquemment, procéder à l'exhumation des corps. C'est le cas à Cuba où, tous les deux ans, la famille du défunt (ou de la défunte) doit assister à ce rituel douloureux, voire inhumain.

Thomas Stenderup: «J'ai essayé de dépeindre ce rituel au plus près, quitte à provoquer, mais avec tout le respect dû à ses "acteurs". J'espère que ce film - qui se concentre intensément sur la mort - fera naître en chacun des sentiments de vie.» A noter la présence sur la bande son des plus célèbres requiems du répertoire classique, une texture musicale qui donne toute sa solennité à Repos éternel.

Fredens Port. Prod: Final Cut Productions Scn: Thomas Stenderup Photo: Anthony Dod Mantle Mont: Niels Pagh Andersen Mus: Anton Dvorak, Gabriel Fauré, Hector Berlioz... Durée: 30mn. Couleurs


LE VOYAGEUR DANS LE TEMPS

de Dick Tuinder - 1995 - Pays-Bas - Document


Contemporain oublié de Méliès et des frères Lumière, Arthur Dauphin fut pourtant le premier homme à s'emparer d'une caméra. C'était en 1896, il y a 100 ans, et notre cinéaste en herbe suspectait déjà qu'un monde nouveau se profilait derrière cette apparente machine sans vie.

De Tijreiziger. Avec Peter Van Den Begin, Tine Joustra, Ralph Wingens Prod : Marc Bary Scn : Dick Tuinder Photo : Guido Van Gennep, Stijn Van Santen Mont: Michiel Van Jaarsveld Durée : 12mn. N&B et Couleurs

1998

 

SEUL CONTRE TOUS

de Gaspar Noé - 1998 - France - Drame


France, année 1980. Dans l'espoir de refaire sa vie, un ex-boucher au chômage s'installe à Lille avec sa maîtresse enceinte. Très vite ses espoirs deviennent aigreurs, et ses aigreurs obsessions. Sans un sou et sans amour, avec comme seul compagnon un revolver, il ne voit plus qu'un moteur à sa vie : la vengeance.

Suite enragée de Carne, Seul contre tous est une charge explosive à l'usage des mal pensants, une pensée viscérale tranchant dans le dedans et le dehors, une beauté cancéreuse atteinte par l'insolence des mots. Du Céline en plans séquences par l'un des enfants terribles les plus dérangeants du cinéma français. Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 1998.

Avec Philippe Nahon, Blandine Lenoir, Frankyie Pain Prod : Les Cinémas de la zone Scn : Gaspar Noé Photo : Dominique Colin Montage : Lucile Hadzihalilovic & Gaspar Noé Durée : 1h32. Couleurs

1999

 

POINT LIMITE ZÉRO

de Richard C. Sarafian - 1971 - USA - Drame

 

Ancien du Viêt-nam, Kowalski gagne sa vie comme pilote de stock-car. À Denver, il fait le pari fou de rallier San Francisco, à bord de sa Dodge Challenger et en moins de 15 heures. Alertées, les polices du Nevada et de la Californie multiplient les barrages, en vain. Au fur et à mesure de son avancée, il devient une sorte de héros anarchiste, mais les forces de l'ordre auront le dernier mot.

Point limite zéro est une perle rare dans l'histoire du cinéma contestataire américain des années 70. Un Easy Rider sous amphétamines où sexe (symbolisé par une motocycliste nue !), drogue et rock'n roll font excellent ménage. La course-poursuite entre le héros, laissé pour compte d'une Amérique plongée dans le cauchemar vietnamien, et la police, présentée comme une légion fascisante et jusqu'au-boutiste, se transforme, au fil des kilomètres, en une véritable expérience métaphysique. A noter que Charlotte Rampling, présente dans la version intégrale du film, n'apparaît plus dans celle sortie aux États-Unis !

The Vanishing Point. Avec Barry Newman, Cleavon Little, Dean Jagger, John Amos Prod : Norman Spencer Scn : Guillero Cain Photo : J.-A. Alonzo Mont: Jimmy Bowen Mus : Delaney and Bonnie Durée : 1h36. Couleurs.



1999

 

TOTO QUI VÉCUT DEUX FOIS

de Daniele Cipri & Franco Maresco - Italie - 1998 - Comédie satirique

 

Un demeuré, Paletta, fait des pieds et des mains pour s'offrir du bon temps avec la fameuse putain Tremmtori. Un vieil homosexuel, Féfé, redoute que le frère de son amant défunt, une brute épaisse, en profite pour lui régler son compte. Un mafieux dénommé Lazare est dissous dans de l'acide, mais prend sa revanche une fois ressuscité par Toto, un Messie des bas-fonds. Alors que Paletta et Féfé se retrouvent crucifiés en haut d'une colline, une troisième croix attend un autre brigand ou le Christ en personne.

«Ce sont des blasphémateurs, des gens indignes d'une quelconque attention. Ils espèrent obtenir de la publicité de ce scandale, mais ils se trompent parce qu'ils finiront dans le néant parce qu'ils sont le néant.» C'est avec ces paroles enflammées que Toto qui vécut deux fois a été accueilli par l'épiscopat italien. Depuis Le Dernier tango à Paris et Salo, jamais film n'avait connu un tel déchaînement de passions. Au point d'ailleurs de se retrouver totalement censuré pendant plus d'un an. Si les auteurs se défendent en clamant qu'il y a dans Toto... «un sens du sacré tout autre que le blasphème», l'accumulation de provocations (un ange se fait sodomiser, un apprenti Christ ne cesse de jurer, un simple d'esprit viole une statue de la vierge) a créé une onde de choc dont l'Italie se remet encore difficilement. Au-delà de la polémique, Toto... est avant tout une oeuvre farfelue qui s'appuie sur une poétique digne de Pasolini.

Toto che visse due volte. Avec Salvatore Gattuso, Marcello Miranda, Carlo Giordano, Camillo Conti Prod : Rean Mazzone Scn : Daniele Cipri, Franco Maresco, Lillo Iacolino Photo : Luca Bigazzi Durée : 1h35. N&B.


1999

 

UNE HISTOIRE DE FOU

de Aris Iliopulos - 1998 - USA - Comédie

 

Un voleur professionnel parvient à s'évader de l'asile psychiatrique où il était interné pour meurtre. Vêtu d'un uniforme d'infirmière, il règle son compte à un prêteur sur gages et s'enfuit avec une importante somme d'argent. Croyant bien faire, il se cache dans un cimetière abandonné où une étrange cérémonie funéraire a lieu. Tous les témoins potentiels partis, le voleur décide de planquer son argent dans un cercueil, mais plonge, soudain, dans un semi-coma. À son réveil, le cercueil et l'argent ont disparu.

Même mort, Ed Wood Jr. frappe encore ! Écrit dans les années 50 par le réalisateur de Plan 9 from outer Space, le scénario d'Une Histoire de fou était depuis amoureusement gardée par Kathy, la veuve du réalisateur. Malgré de graves problèmes d'argent, elle refusait systématiquement d'en vendre les droits de peur de voir l'idée originelle dénaturée : un film sans paroles conduit par l'action. Le jour où Iliopulos découvre le script, c'est le coup de foudre. Il exulte : «Au fil des pages, le film prenait vie devant mes yeux !» Une bouteille de vin et quelques yeux doux plus tard, Kathy Wood accepte de lui céder le scénario original. La suite ? Un morceau de bravoure zinzin et bizarroïde ponctué d'hommages aux deux autres maîtres de Iliopulos, Hitchcock et Fellini, et où seuls sont présents sur la bande-son des sanglots, des rires, des hurlements et une B.O. soignée qui comprend aussi bien des classiques de Eartha Kitt qu'un titre de ZVH, le groupe techno de Billy Zane (producteur du film).

I woke up early the Day I died. Avec Billy Zane, Christina Ricci, Eartha Kitt, Ron Perlman Prod : Chris Hanley, Billy Zane Scn : Ed Wood Jr Photo : Michael Barrow Mont : Dody Dorn Mus : Lawrence Nash Groupe Durée : 1h30. Couleurs.