CANNIBAL FEROX

de Umberto Lenzi - 1981 - Italie - Horreur


Un groupe d'étudiants en anthropologie débarque en pleine jungle amazonienne dans le but de prouver que la pratique du cannibalisme a totalement disparue. Mal leur en prend. A la suite du viol et de l'assassinat d'une jeune indigène par un Américain cocaïnomane et psychopathe, les autochtones enragés décident de s'offrir une orgie de petits Blancs, comme au bon vieux temps des missionnaires...

Après Ruggero Deodato ­ qui renie aujourd'hui cette période de sa filmographie ­, c'est au tour de Umberto Lenzi de dépasser les limites du mauvais goût et de tordre le cou, à travers un récit pseudo-anthropologique mais résolument jusqu'au-boutiste, à une censure qui ne se gêna pas pour lui en faire payer le prix fort. Battant Deodato sur son propre terrain (deux castrations dans Cannibal Ferox au lieu d'une dans Cannibal Holocaust! ), Make them die slowly, l'autre titre de Cannibal Ferox, a été banni dans pas moins de trente-et-un pays en raison de ses scènes gore qui atteignent par moments les limites de l'insoutenable.

Avec John Morghen, Lorraine De Selle, Brian Redford, Zora Kerova Prod : Antonio Crescenzi Scn : Umberto Lenzi Photo : Giovanni Bergamini Mont : Enzo Meniconi Mus : Budy Maglione Durée : 1h33. Couleurs

ANTHROPOPHAGOUS

de Joe D'Amato - 1981 - Italie - Horreur

 

Sur une petite île grecque, un groupe de jeune gens se fait décimer par un cannibale illuminé qui a déjà ingurgité sa femme, son fils et plusieurs indigènes.

En pleine "vague cannibale", l'opportuniste Joe D'Amato se lance, à son tour, dans la surenchère gore à travers les exactions d'un anthropophage ne reculant devant rien pour satisfaire un appétit démesuré. Long métrage traumatisant, d'une barbarie délirante (une femme enceinte se fait éventrer et dévorer son foetus devant ses yeux), Anthropophagous connut un succès non négligeable grâce à une affiche-choc et un final des moins ragoûtants (le "héros" finira par périr en commettant un dernier et définitif péché de gourmandise).

Au coeur de cette descente aux enfers, l'infortunée Tisa Farrow, soeur de Mia, qui se faisait déjà traquer en 1979 par les morts vivants du cradingue L'Enfer des zombies du très imaginatif Lucio Fulci.

Avec George Eastman, Tisa Farrow, Saverio Vallone, Serena Grandi Prod : Oscar Santaniello Scn : Joe D'Amato, George Eastman Photo : Enrico Biribicchi Mont : Ornella Michelli Mus : Marcello Giombini Durée : 1h30. Couleurs



CHARLIE'S FAMILY

de Jim Van Bebber - 1988/1997 - USA - Horreur

 

1969. Charles Manson, chanteur raté devenu gourou charismatique, pénètre dans la résidence hollywoodienne de Roman Polanski et Sharon Tate, et massacre tout ce qui bouge avec l'aide de son groupuscule de fanatiques qu'il appelle sa "famille". Cette "famille" est en fait composée de rebuts de la société et de jeunes filles désoeuvrées et soumises. Le quotidien de ce phalanstère démoniaque : la promiscuité, la drogue, le viol, les pratiques sataniques et la tentation du cannibalisme...

Derrière l'horreur et le crime, qui ternira à jamais l'image pacifiste du mouvement hippie, c'est surtout la mise à nu de la "famille" de Charles Manson qui intéresse ici Jim Van Bebber. Commencé en 1988, ce film indépendant américain connut de nombreux déboires dûs, en partie, à sa violence excessive et au refus de son réalisateur d'aseptiser sa vision d'une des affaires criminelles les plus éprouvantes qu'aient connue les États-Unis. A noter que la bande son de Charlie's Family est signée du groupe Download et de Phil Anselmo de Pantera.

Avec Marc Pitman, Maureen Alisse, Marcello Games, Jim Van Bebber Scn, photo, mont : Jim Van Bebber Mus : Download, Phil Anselmo Durée : 1h35. Couleurs

 

EATING RAOUL

de Paul Bartel - USA - 1982 - Comédie satirique

 

Pour sauver sa petite amie Marie des griffes d'un pervers sexuel qui a eu le malheur de se tromper d'appartement, Paul le tue à coups de poêle. Le couple décide alors de se servir du cadavre pour réaliser son rêve : ouvrir un petit restaurant. Ne reste plus qu'à trouver d'autres "pigeons" à voler et à dépecer...

Réalisateur du mythique La Course à la mort de l'an 2000, une histoire de pilotes de courses dans un monde apocalyptique produite par Roger Corman et qui opposait David Carradine et Sylvester Stallone, Paul Bartel signe, avec Eating Raoul, la comédie la plus noire et jubilatoire de sa filmographie pour le moins très chaotique. Critique au vitriol du puritanisme, Eating Raoul est aussi interprété par une troupe de choc, Paul Bartel en tête. Comme quoi, même quand il s'agit de cannibalisme, on n'est jamais mieux servi que par soi-même!

Avec Mary Woronov, Paul Bartel, Robert Beltran, Susan Saiger Prod : Anne Kimmel Scn : Paul Bartel, Richard Blackburn Photo : Gary Thieltges Mont : Alan Toomayan Mus : Arlon Ober Durée : 1h30. Couleurs


HISTOIRES DE CANNIBALES

de Hark Tsui - 1980 - Hong Kong - Kung-fu

 

Un policier, parti sur les traces d'un voleur, se retrouve dans un village où les habitants se livrent, avec furie, au cannibalisme. Pris au piège, l'homme devenu gibier ne devra qu'à son kung-fu destructeur et habile de se sortir des griffes de ces anthropophages hystériques, experts en tortures et maniements de machettes.

Sous le coup du bide notoire de son premier long métrage, le bizarroïde Butterfly Murders (1978), Hark Tsui, transfuge de la télévision hongkongaise, cherche à choquer le public à travers cette critique grand-guignolesque de la fièvre consumériste qui avait, depuis longtemps, gagné la population de la colonie britannique. Adaptation d'un roman signé Xun Lu, Le Journal d'un fou, Histoire de cannibales joue, non sans jubilation, sur le mythe du héros classique du film de kung-fu ­ le policier n'est pas sans rappeler le personnage qu'incarnait Lung Ti dans The Convict Killer de Yuan Chu ­ accommodé à la sauce gore. A l'arrivée, un nouvel et frustrant échec pour le futur réalisateur des superbes Green Snake et Il était une fois en Chine.

Di Yu Mao Man. Avec : Siu-keung Tsiu, Hung Gao, Kam-seung Wong, Kwok-choi Han Prod : See-yuen Ng, Kuen Cheung Scn : Hark Tsui, Chuk-hon Szeto, d'après Xun Lu Photo : Hung-chuen Lau Durée : 1h30. Couleurs

Ouverture / Index des films