
Etudiante en psychologie à l'université de San
Francisco, Penny Patterson cherche à établir un
contact avec Koko, un gorille femelle, en s'appuyant sur le langage
des signes. Cinq ans plus tard, Koko a assimilé 350 mots
qu'elle peut transmettre vocalement par ordinateur. Plus étonnant
encore, Penny Patterson parvient peu à peu à décrypter
les pensées de son cobaye : ses choix, ses humeurs, voire
ses mensonges à l'occasion.
Document saisissant autour d'une expérience passionnante,
Koko, le gorille qui parle permet au profane d'accéder
à un pan de la science alors réservé aux
cénacles des chercheurs et des universitaires, et déclenche
de nombreuses interrogations philosophiques et morales. Si l'animal,
en effet, acquiert la capacité de parler, qu'est-ce qui,
désormais, le différenciera de l'homme ?

Des visages inconnus perdus dans une grande ville. Âmes
en peine dans un Vienne morne et sans bonheur. Leur petit rayon
de soleil ? Un toutou, un cochon dinde, un lapin blanc... Des
compagnons de longue date, des témoins privilégiés
d'un quotidien écrasant, des amis et voire plus si affinités
! Parmi ces laissés pour compte, un ex-taulard qui veut
refaire sa vie avec une femme et qui doit supporter ses bestioles,
une actrice sur le retour qui tombe amoureuse d'un husky, une
dépressive qui noie son malheur dans son amour pour son
chien Charly...
C'est en discutant avec des propriétaires d'animaux domestiques
croisés dans des parcs que Ulrich Seidl a pu puiser tout
la substance qui constitue l'univers à la fois baroque
et kitsch, repoussant et profondément humain de Amour bestial.
«J'ai abordé Amour bestial de manière
beaucoup plus radicale que mes précédents films»,
précise Seidl. «Mais je ne tenais pas à
choquer pour le plaisir. Je veux surtout que le film imprègne
le spectateur rendu apathique par la dictature de l'entertainment.»
Quand aux acteurs, le réalisateur assure qu'ils n'ont pas
été maltraités : «Les acteurs n'ont
aucun problème avec mes sujets. Les critiques si. Mais
ces gardiens de la morale autoproclamés n'ont aucune notion
du milieu social dont je parle.»
Baxter est un bull-terrier. Sa spécificité :
il juge ses maîtres et les êtres humains en général,
et quand il ne les comprend plus, il les trucide. Une vieille
acariâtre en fait d'abord les frais. Ensuite, c'est un jeune
couple en attente d'un heureux événement qui succombe.
Mais Baxter va finir par trouver plus fort que lui, Charles, un
sale môme, une graine de nazillon. Il va désormais
lui obéir aveuglément.
À sa sortie, en 1988, Baxter fait l'effet d'une
bombe au pays de Trente millions d'amis et de Belle
et Sébastien. Réflexion sur le genre humain
et la relativité de l'innocence, Baxter, premier
film sans parents ni descendance, est une oeuvre subversive, l'un
des rares et authentiques films cultes français.

Allan Mann, jeune étudiant en droit et sportif accompli,
voit son destin basculer à la suite d'un terrible accident
de la route qui le rend tétraplégique. Délaissé
par sa petite amie, étouffé par sa mère et
en conflit ouvert avec l'infirmière chargée de le
soigner, Allan reçoit un cadeau inattendu de la part de
son meilleur ami : un petit singe capucin femelle prénommé
Ella, à l'intelligence décuplée par des injections
à base de tissus de cerveaux humains ! Plus leur relation
se développe, plus le primate s'attache à Allan
qui trouve en Ella l'arme idéale pour se venger de ce monde
qui désormais le rejette.
Abandonnant - pour un temps - ses hordes de morts-vivants, George
A. Romero mélange ici habilement suspense psychologique
et drame subversif. Adapté d'un roman du britannique Michael
Stewart, Incidents de parcours s'inspire d'expériences
réellement menées avec des singes capucins ayant
suivi une "formation" pour assister dans leurs gestes
quotidiens des personnes handicapées et paralysées.

Un agriculteur géophysicien, alchimiste à ses heures
perdues, vit en ermite entouré d'animaux. Il s'éprend
d'une truie et la fertilise. Trois gorets naissent de leur union
singulièrement contre-nature. Ne supportant pas leurs cris,
il les pend. Désespérée, la truie s'enfuit
et se suicide. Commence pour le géophysicien zoophile une
terrible descente aux enfers.
Thierry Zeno n'a que 25 ans lorsque Vase de noces fait de lui un "phénomène" du cinéma expérimental international. Hommage apocryphe à Saint-Antoine, le père de tous les solitaires, Vase de Noces propose un univers où le réel est désintégré, où déréliction et mysticisme se juxtapose, où l'allégorie joue de l'abjection. Avec Vase de Noces, Zeno s'est intéressé à un destin et à un drame que la morale réprouve, mais sans jamais tomber dans la vulgarité. Un vrai tour de force.