CAMP 731

de Tun Fei Mou - 1988 - Hong Kong/Chine populaire - Drame historique



Alors que la défaite s'annonce irrémédiable, une unité, spécialisée dans les expérimentations chimiques et bactériologiques, est chargée par l'Empereur de créer de nouvelles armes capables de renverser le cours de la Seconde Guerre mondiale. Le camp 731, au Nord-Ouest de la Chine, sert alors de vivier de "cobayes humains". Près de 3000 Chinois et Coréens y périront sous la férule du sinistre Lieutenant Général Shiro Ishii.

«Personne ne voulait croire que le Japon ait pu commettre de telles atrocités» explique T.F. Mou, «jusqu'à ce que, lors d'une projection du film dans une université, un ancien soldat japonais, présent au camp durant la guerre, ne confesse que : "la réalité était plus terrible encore"» Il aura fallu près de cinq ans à T. F. Mou pour accumuler documents (les dossiers classés top secret par les Américains), archives (rapportées par les Russes après la découverte du camp) et témoignages sur un des drames oubliés de la Seconde Guerre mondiale. Torture, mutilation, autopsie sur des êtres encore vivants, Camp 731 n'hésite pas à montrer l'abjection de la manière la plus détaillée et clinique qui soit. À noter que les expériences sur la résistance au froid furent menées par le docteur Hisato Yoshimura, envoyé au camp 731 par l'Université de Kyoto, et nommé, après la guerre, Président du Collège de Médecine de la Préfecture de Kyoto ! Le Général Ishii, quant à lui, a été "acheté" par les Américains et envoyé en Corée, vraisemblablement pour faire partager son sinistre savoir sur les armes bactériologiques.

Hei Tei Yang 731. Avec Wang Gang, Wu Dai Yao, Wang Run Shen, Quan Zhe Hsu Gou, Andrew Yu Prod: Fu Chi Scn : Wen Yuan Mou, Dun Jing Teng, Mei Fei Liu Durée : 1h46. Couleurs.



CHAIR POUR FRANKENSTEIN

de Paul Morrissey - 1974 - Italie - Horreur



Sombrant dans la folie et l'obsession sexuelle, le baron Frankenstein vit dans l'espoir de créer un jour un être idéal, rejeton aryen né de son couple de monstres fabriqués à l'aide de morceaux de cadavres et ramenés à la vie grâce à la science. Son délire démiurge provoquera irrémédiablement sa perte.

Dans la foulée de son Du Sang pour Dracula (1973), vision softporn-gore du roman de Bram Stoker, Paul Morrissey réitère dans l'adaptation subversive des grands mythes de l'horreur. Cette fois-ci, c'est le monstre pathétique et multi-cicatrisé, imaginé par Mary Shelley et immortalisé par Boris Karloff,qui passe à la moulinette du réalisateur. Le baron humaniste devient ici un Mengele tendance XIXe siècle, sa créature, un bellâtre priapique, et sa Lady Frankenstein, une blonde sexy et nymphomane. Un cocktail gorissime dans sa vesion relief, teintée d'érotisme hautement seventies et d'un humour noir souvent inattendu. C'est Udo Kier qui incarne le chercheur, tandis que Joe Dallesandro, icône gay des films de Warhol, tient le rôle d'un serviteur.

Flesh for Frankenstein. Avec Udo Kier, Dalila di Lazzaro, Joe Dallessandro, Monique Van Vooren, Arno Juerging Prod: Andrew Braunsberg, Carlo Ponti, Andy Warhol Scn : Pat Hackett, Paul Morrissey Photo: Luigi Kuveiller Mont : Jed Johnson, Franca Silvi Mus: Claudio Gizzi Durée : 1h35. Couleurs.


 

L'ESPRIT DE LA MORT

de Peter Newbrook - 1972 - Grande-Bretagne - Fantastique



Bien étrange passe-temps que celui pratiqué par Sir Hugo Cunningham : à ses heures perdues, il photographie les morts. Un jour, ce philanthrope croit être parvenu à capturer ce que les Grecs appelaient l'«Asphyx» : l'esprit de la mort. Au fur et à mesure de ses tentatives pour mieux saisir l'instant où cette entité sort du corps des défunts, il découvre le secret de l'immortalité. Cette révélation met en péril son entourage...

Considéré par la critique comme un des meilleurs films fantastiques des années 70, L'Esprit de la mort rappelle la grande époque des productions Hammer. Respectant les canons de l'horreur gothique, servi par l'admirable photographie de Freddie Young, le film de Peter Newbrook dénote par sa modération à effrayer, au sens strict, le spectateur. Ici, c'est l'ambition du sujet qui prime et une poésie macabre pour le moins singulière. Une oeuvre saisissante qui ne trouva pas les faveurs du public au moment de sa sortie. Avec Robert Powell, aussi à l'aise chez Liliana Cavani (Au-delà du bien et du mal) que chez Ken Russell (Mahler) ou Simon Wincer (Harlequin).

The Asphyx. Avec Robert Stephens, Robert Powell, Jane Lapotaire, Fiona Walker Prod : John Britanny Scn : Brian Comfort Photo : Freddie Young Durée : 1h35. Couleurs.




LADY FRANKENSTEIN, CETTE OBSÉDÉE SEXUELLE

de Mel Welles - 1972 - Italie - Fantastique

 

Insatiable cochonne, la fille de l'éminent Dr Frankenstein créée un monstre capable de satisfaire sa nymphomanie chronique et son ego surdimensionné de chercheuse. Elle périra lors d'un ultime coït avec sa créature.

«Seul le monstre qu'elle a créé peut satisfaire ses étranges désirs» annoncait la publicité de l'époque. Délicieuse alchimie de kitsch et de porno soft, Lady Frankestein, cette obsédée sexuelle compte aussi parmi ses atouts une distribution des plus hétéroclites qui va de Joseph Cotten (Citizen Kane) en illustre Dr Frankenstein à l'émoustillante Sara Bay, alias Rosalba Neri, figure météorique du cinéma sexy transalpin !

La figlia di Frankenstein. Avec Joseph Cotten, Sara Bay, Mickey Hargitay, Paul Whiteman Scn : Edward Di Lorenzo Photo : Riccardo Pallotini Durée : 1h39. Couleurs.


 

OPÉRATION DIABOLIQUE

de John Frankenheimer - 1966 - USA - Drame

 

Une étrange entreprise propose à des hommes ayant atteint la cinquantaine, et fatigués de leur quotidien, de changer leur vie du tout au tout. Pour ce faire, ils doivent signer un testament. Cet engagement pris, une opération de chirurgie esthétique les rajeunit radicalement tandis qu'un cadavre ressemblant est rapidement retrouvé dans un accident. Wilson change ainsi d'existence, quitte sa famille qui le croit mort, et s'installe comme peintre en Californie. Mais lorsque lui vient l'envie de revoir son épouse, celui-ci réalise très vite dans quel terrifiant engrenage il est tombé, malgré lui.

Opération Diabolique, c'est le mythe de Faust revu et corrigé dans l'Amérique du grand boom économique. John Randolph incarne le quinquagénaire en quête d'un nouvel essor, et le sémillant Rock Hudson, son double rajeuni. Un film hallucinant et injustement méconnu dans la carrière du réalisateur de Grand Prix et French Connection II.

Seconds. Avec Rock Hudson, John Randolph, Will Geer, Jeff Corey Prod : Edward Lewis Scn : Lewis John Carlino d'après David Ely Photo : James Wong Howe Mus : Jerry Goldsmith Durée : 1h46. N&B.


LES SUR-HOMMES

de Yevgeny Yufit & Vladimir Maslov - 1999 - Russie - Fantastique


Dans un bunker isolé, des scientifiques se livrent à de biens étranges expériences. Ils tentent de créer une nouvelle race de sur-hommes en croisant les cellules d'un être humain avec celles d'un arbre. Après des échecs successifs, ils perdront la raison et deviendront de véritables machines à tuer.

Aux antipodes du réalisme socialiste, Yevgeni Yufit reste l'unique représentant d'un courant notoirement nihiliste baptisé par son créateur : «Necro-réalisme». Une conception du cinéma qui se veut en total synchronisme avec les préoccupations de son époque : la fin de l'ère soviétique, l'écologie, la lutte pour la survie. Quintessence de ce courant, Les Sur-hommes est un film à la fois oppressant et méditatif, délirant et chargé d'érotisme. Une expérience cinématographique singulière et rare.

Serebrjannye golovi. Avec : Tatania Verkhovskaya, Nikolai Morton, Vladimir Maslov, Vassili Deryagin Prod : STW Film Company Scn : Yevgeny Yufit, Vladimir Maslov Photo : Alexandr Burov Mont : Yevgeny Yufit, Vladimir Maslov Durée : 1h25. N&B.


Ouverture / Index des films