
Un critique de cinéma homosexuel change de sexe afin
de jeter son dévolu sur un jeune premier hollywoodien.
Myron devient alors la superbe Myra. Son insatisfaction sexuelle
grandissant, Myra devient la terreur du tout Hollywood, puis tombe
amoureuse de la petite amie de l'éphèbe qu'elle
a violé.
Quiconque regarde Myra Breckinridge peut, à juste
titre, s'étonner que les pontes de la 20th Century Fox
aient donné leur assentiment à cette adaptation
d'une sulfureuse nouvelle signée Gore Vidal, lui-même
co-auteur du scénario. Les sujets abordés, l'entorse
faite à toutes les règles du bon goût, placent
cette étrangeté au casting spectaculaire (Raquel
Welch, Mae West, Farah Fawcett et John Huston) dans la lignée
de l'hystérique Beyond The Valley of the Dolls de
Russ Meyer ! Bide notoire à sa sortie, massacré
par la critique et mutilé par la censure (qui laissa, étrangement,
la scène où Myra viole un jeune étalon !),
le film devient pourtant culte dans les milieux universitaires
américains alors en pleine fièvre contestataire.
Quant à l'increvable Mae West, qui tient le rôle
d'un agent de Hollywood, on lui doit d'avoir écrit la quasi
totalité de ses dialogues. Un exemple ? Dans une pièce
pleine à craquer d'irrésistibles adonis, elle lance
à son assistant : «Je me sens un peu fatiguée,
ce soir. Un de ses messieurs devra rentrer chez lui.»
Un chef-d'oeuvre du cinéma "camp" !

Cherchant à percer les secrets de l'immortalité,
le jeune et séduisant Dr Jekyll multiplie les assassinats
de prostituées. Après une suite d'expériences
infructueuses, il crée un elixir qui le transforme en Mrs
Hyde. Satisfaite de sa nouvelle vie et des exactions qu'elle commet
dans les bas-fonds de Whitechapel, la sculpturale et venimeuse
Mrs Hyde décide de se rebeller contre son géniteur.
Dr Jekyll & Sister Hyde a vu le jour grâce à
l'imagination de Brian Clemens, un des scénaristes attitrés
de la série Chapeau melon et bottes de cuir, également
co-producteur du film. Riche en rebondissements, l'histoire passe
en revue le roman de Robert Louis Stevenson, le mythe de Jack
l'éventreur et s'attarde sur un sinistre duo de profanateurs
de sépultures tout droit sortis d'un Frankenstein ! Figure
récurrente des productions de la Hammer, Ralph Bates campe
un Jekyll tout en démence et cynisme. Une réussite
incontestable et incontestée du fantastique (britannique).
Entre scènes chirurgicales prises sur le vif et inserts
pornos, les témoignages à fleur de peau d'hommes
et de femmes ayant décidé de changer de sexe.
Bien que tourné en 1978, Laissez-moi être une
femme doit son inspiration à l'étrange Glen
or Glenda d'Ed Wood. Le narrateur de cet exposé tragi-comique
sur la transsexualité est un chirurgien, le docteur Leo
Wellman, psychologue et écrivain à ses heures. En
bon praticien, Wellman décrit avec force détails
les altérations qu'il pratique et met en avant le caractère
unique de chaque corps. Une des scènes-clés du film
montre le chirurgien s'attaquant au pénis et aux testicules
d'un de ses patients ! Une curiosité dans la filmographie
rocambolesque d'une des reines du bis américain, l'étonnante
Doris Wishman.
Une lesbienne, Les Nichols, décide de devenir un homme ! L'opération une fois accomplie, elle tente sa première expérience "hétéro" avec la très maternelle ex-star du porno Annie Sprinkle. Un Must pour les amateurs de bizarre !
«Je suis tombé amoureuse de lui et, comme il était d'accord pour se laisser filmer, je lui ai proposé que nous immortalisions notre première relation», explique Annie Sprinkle. Annie Sprinkle en profitera également pour relater cette expérience dans un long article publié dans le magazine Hustler. Le film répond à toutes les questions que pose le changement de sexe d'une femme en homme, thème généralement peu abordé par le cinéma et les médias. A la fois fascinée et excitée par sa/son partenaire, Sprinkle explique : «Il a subit une douzaine d'opérations Sa verge est comme un patchwork. Même si ça peut paraître insupportable pour certains, moi, j'aime ça. Et si vous voulez savoir s'il peut avoir une érection, la réponse est oui.»
Au XIXe siècle, Alexina, une jeune fille de 21 ans, est engagée comme institutrice. Elle fait la connaissance de Sara, la plus jeune fille de Mme Avril, la directrice de l'école. Peu à peu, l'amitié entre les deux jeunes filles se transforme en amour. Mais, lors du passage à l'acte, Sara s'aperçoit qu'Alexina est en fait un garçon ! Renvoyée de son travail, elle obtient, après une visite médicale de rigueur, la modification de son état-civil. Alexina s'appelle désormais Camille et aborde sa nouvelle vie d'homme. Mais lorsqu'il retourne dans son village, Mme Avril lui interdit de revoir Sara.
Directement adapté des mémoires d'un hermaphrodite
français né au XIXe siècle, Adélaïde-Herculine
Bazin, dont les textes ont été retrouvés
par le philosophe Michel Foucault, Mystère Alexina
est une critique acerbe et intelligente de l'hypocrisie qui se
cache derrière toute morale et toute religion. C'est aussi
une oeuvre singulière qui parle avec franchise des ravages
causés par toute forme de répression sexuelle.